Yoga et concentration : apprendre les bases, pratiquer avec sérieux… et savoir rire 

Yoga et concentration : apprendre les bases, pratiquer avec sérieux… et savoir rire 

Yoga et concentration : apprendre les bases, pratiquer avec sérieux… et savoir rire 

Dans un cours de yoga, l’esprit peut facilement partir ailleurs : les préoccupations du jour, les choses à faire, le regard sur les autres. Le corps est sur le tapis, mais l’attention poursuit parfois son propre programme. 

La concentration consiste à remarquer ces départs et à revenir à ce que nous faisons : sentir un appui, observer une respiration, écouter une consigne. Ce retour fait pleinement partie de la pratique. Il demande de la patience, mais aussi un engagement réel dans l’apprentissage. 

Yoga et concentration, les bases : ce qui permet d’aller plus loin 

Nous pouvons avoir envie de découvrir de nouvelles postures avant d’avoir pris le temps de comprendre les plus simples. Pourtant, les bases méritent davantage qu’un passage rapide.  

Surtout que la pratique réelle demande plus que simplement savoir répéter une posture. Encore moins savoir juste la reproduire d’une manière parfaite. 

Ce qui importe : comment se placer ? Où trouver ses appuis ? Comment entrer dans une posture et en sortir ? À quel moment l’effort devient-il excessif ? Ces repères se construisent progressivement, avec l’aide des consignes. 

En sus de cela, l’observation de ses propres sensations et ce qui est vécu importe beaucoup. Pourtant, il ne faut pas non plus se focaliser trop là-dessus. Il faut oser vivre et apprendre à se pauser. 

En effet, une posture apparemment simple peut et doit ainsi devenir un véritable terrain d’exploration. En la reprenant, nous pouvons découvrir une tension inutile, un mouvement précipité ou une tendance à retenir notre souffle. 

C’est là que l’adaptation de la posture au pratiquant prend ici tout son sens. Pour être plus précis, apprendre sérieusement, c’est aussi comprendre qu’une même forme ne convient pas à tous les corps. 

La régularité demande de s’y engager 

Une séance occasionnelle peut être agréable. Pour approfondir sa pratique, il faut toutefois accepter d’y consacrer du temps, de répéter et de revenir sur ce qui semblait déjà acquis. En fait, être curieux et rester alerte à ce qui se vit. 

La douceur de la pratique n’exclut pas la rigueur. Pour bien le vivre, écouter les indications, prendre le temps de les comprendre et les mettre en application. Cela demande une participation attentive. Le professeur accompagne cet apprentissage et le pratiquant y apporte sa présence et sa persévérance. 

Certains jours, l’attention sera disponible. Cependant, d’autres fois, elle sera dispersée. L’essentiel est de continuer à apprendre avec honnêteté, sans chercher à obtenir immédiatement un résultat spectaculaire.  

Surtout accepter ce qui est reçu et se rappeler que nos limites sont toujours celles de l’instant présent. Certaines fois je peux, d’autres un peu moins, l’accepter et oser le vivre en conscience. 

Être sérieux sans se crisper, Yoga et concentration sans trop

Pour être réaliste, vouloir trop bien faire peut nous pousser à froncer les sourcils, serrer les mâchoires et transformer une posture en examen de passage. Même la détente devient alors une tâche à réussir et nous sortons alors du cadre de ce qui est recherché. 

En fait, le sérieux gagne à garder une place pour la légèreté. Un équilibre perdu peut provoquer un sourire, voir même un rire (rire de soi, pas des autres). Concernant une difficulté, elle doit être reconnue sans se dévaloriser. Nous devons nous appliquer tout en acceptant d’être en apprentissage. 

Alors cette attitude permet de revenir plus simplement à la séance, sans ajouter à la difficulté le poids du jugement sur soi. En effet, un petit plus pour la confiance en soi, cela vous dit ? 

Le yoga du rire : une place pour une autre expérience 

Pour cela que le yoga du rire peut trouver sa place dans cette démarche. À travers des propositions de rire et des exercices collectifs, il invite à explorer une expression que nous retenons parfois.  

Notamment lorsque nous voulons rester dignes, maîtrisés ou sérieux car l’étiquette nous l’impose. Seulement, nous sommes imparfaits et faisons de notre mieux. Alors, osons le rire. 

Dans le Yoga du rire ou la rigologie, le rire peut aussi devenir une occasion d’observer nos réactions : gêne, amusement, résistance, spontanéité. Tout en sachant que chacun participe selon ses possibilités, sans obligation d’afficher une joie qu’il ne ressent pas. 

Dans ce cas, le rire apporte un contraste avec le recueillement ou la concentration silencieuse. Le rire peut alors offrir un espace pour laisser s’exprimer quelque chose que nous retenions. Simplement oser rire. 

Les expériences de rire complètent facilement en nous permettant différentes façons d’être présents. 

Accueillir aussi les émotions moins agréables 

Pour être totalement honnête, la joie a sa place, comme la tristesse, la peur ou la colère. Toutes les émotions méritent d’être reconnues et vécues, même lorsque certaines sont inconfortables. 

En effet, accueillir une émotion signifie lui laisser une place dans notre expérience, sans nécessairement agir sous son contrôle. Nous pouvons ressentir de la colère et nous poser la question primordiale, pourquoi est-elle venue me submerger ? Mettre un couvercle sur une émotion ne suffit pas toujours à l’apaiser ni à comprendre ce qu’elle exprime. 

C’est pourquoi, il est bon choisir nos paroles lorsque des émotions tel que la colère, la peur et la tristesse arrivent à nous submerger. Pour bien faire, il faut éviter de se défouler sur autrui. La colère nous renseigne sur ce que nous vivons, sur nos besoins et sur nos limites. Prendre le temps de l’écouter peut nous aider à répondre sans blesser à notre tour. 

Cependant, à nous de respecter notre besoin de nous isoler pour vivre un moment de calme qui nous permettra de comprendre cette colère. Sachant aussi que lors de ces moments nous risquons d’être acerbes et pouvoir regretter nos actions. 

Yoga et concentration : le Yoga du rire pour se concentrer ensuite

Alors, le yoga du rire ne demande donc pas d’effacer ce qui fait mal. Pour chacun, il ouvre une possibilité supplémentaire, parmi d’autres, dans la diversité de ce que nous pouvons ressentir.  

Pour ma part, lors de ma première séance de Yoga du rire, j’ai pleuré. Oui, le rire m’a permis alors de libérer quelque chose en moi et se fut une bénédiction. Depuis, je me suis reconcilié avec le rire, tout simplement car cela a libéré pour moi d’autres émotions. 

Comme pour le reste, le rire demande de respecter une démarche : a pprendre les bases, pratiquer régulièrement, rester attentif et garder la capacité de sourire : voilà une manière de construire une pratique sérieuse, vivante et respectueuse de soi. 

Alain Tanguy, professeur de Yoga sur Limoux et alentours.

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