La colère comprendre les émotions cachées grâce au yoga
La colère comprendre les émotions cachées grâce au yoga
La colère est souvent comparée à la partie visible d’un iceberg. Ce que nous voyons, les mots qui dépassent, les gestes brusques ou les réactions excessives. Ce ne sont souvent que la manifestation d’une immense masse d’émotions enfouies.
Sous la surface se cachent la peur, la honte, la tristesse, le sentiment d’injustice, les blessures anciennes et toutes ces émotions qui n’ont jamais trouvé les mots pour s’exprimer. La colère n’est donc pas toujours le problème. Elle est bien souvent le symptôme d’une souffrance qui cherche à être entendue.
Lorsqu’on regarde sous la surface, on découvre que derrière une réaction excessive se cache souvent une histoire qui mérite d’être écoutée plutôt que jugée. C’est précisément cette idée que le yoga m’a permis de comprendre au fil des années.
La colère : le masque des émotions enfouies
Quand une émotion forte, comme la peur, la honte, la tristesse ou le sentiment d’injustice, n’est pas identifiée ni comprise, l’esprit peine à la traiter. En effet, face à ce trop-plein d’informations émotionnelles confuses, le cerveau déclenche parfois un mécanisme de défense primaire. C’est là qu’entre en jeu l’agressivité ou l’explosion émotionnelle.
La colère devient alors une soupape de sécurité. Elle permet d’évacuer une tension devenue insupportable. Pour être clair, il est souvent plus facile, inconsciemment, de ressentir de la colère, tournée vers l’extérieur. Nous avons alors une illusion de contrôle. Pour vous dire, parfois c’est plus facile que d’affronter la vulnérabilité liée à la peur ou à la souffrance qui se cachent derrière.
Bien se le mettre en tête, une émotion ignorée ne disparaît jamais vraiment. Elle s’inscrit dans le corps, modifie notre respiration, influence notre posture. Pour finir parfois par exploser lorsque nous n’avons plus les ressources pour la contenir.
Le corps parle souvent avant les mots :
- Mâchoire crispée ;
- Épaules tendues ;
- Souffle court ;
- Sommeil perturbé ;
- Agitation intérieure.
Ces manifestations peuvent être les premiers indices d’une émotion qui cherche une issue. Cependant, lorsque nous les vivons, la machine colère peut être déjà en route et difficile à arrêter.
Cependant, nous pouvez prendre du temps ensuite pour analyser la situation qui a été vécue. Bien entendu, attendre que la tempête se soit calmée.
Quand la vie de famille est un enfer
Pour certaines familles, nous pourrions noter que tout semble aller bien. Heureusement pour beaucoup, c’est heureusement le cas. Pour d’autres, cela peut aller du petit problème ou très gros problèmes.
Que cela soit le comportement des parents entre eux, avec l’enfant ou d’autres personnes de la fratrie. Sachant que les dégâts peuvent provenir d’une autre partie de la famille ou d’amis.
Des choses qui se sont imprimés, parfois en surface et d’autres fois très en profondeur tellement les blessures sont importantes.
Cela peut produire de la colère sous différentes formes, que cela soit envers les autres de la fratrie, à l’école ou tout simplement contre un parent ou une personne en particulier.
Harcèlement scolaire : quand l’invisible finit par exploser
Prenons des cas extrêmes, l’exemple d’une personne qui est victime de harcèlement scolaire. Chaque jour, elle peut vivre dans la peur de l’agression, ressentir de la honte, perdre progressivement l’estime d’elle-même et s’enfermer dans une profonde solitude.
Si personne ne met des mots sur cette souffrance, ces émotions s’accumulent.
La colère peut alors apparaître sous différentes formes :
- Une colère retournée contre soi, conduisant à une perte de confiance, des troubles psychosomatiques ou des crises d’angoisse dans le meilleur des cas, cela pouvant aller jusqu’à mettre fin à sa vie ;
- Une explosion au sein de la famille, parce que le domicile représente souvent le seul lieu où l’enfant se sent suffisamment en sécurité pour laisser tomber son masque. Quand je parle de masque qui tombe, parlons plus de pression qui se libère ;
- Une agressivité envers d’autres camarades, reproduisant inconsciemment le schéma subi afin de retrouver un sentiment de contrôle.
Cependant, comprendre ces mécanismes ne revient pas à excuser la violence. Cela permet de mieux la prévenir en intervenant avant que la souffrance ne déborde. Tout simplement en reprenant la responsabilité là où elle doit se poser pour pouvoir comprendre et intervenir.
A cela rappelons que ce qui est perçu est réel et influence plus que nous ne pourrions penser.
Pourquoi se met-on en colère dans le couple ?
Ce mécanisme ne disparaît pas avec l’enfance. À l’âge adulte, il peut s’inviter dans nos relations les plus proches, notamment dans le couple.
Après une journée chargée de stress, de fatigue ou de préoccupations, il arrive qu’une remarque anodine prenne des proportions démesurées. Une vaisselle oubliée, un retard, un mot maladroit ou un silence deviennent parfois le point de départ d’une dispute.
Pourtant, le véritable sujet n’est souvent pas celui qui est exprimé. En fait, les situations ne sont que l’étincelle. Souvent cela vient de loin, tellement loin que la personne elle-même ne peut ressentir que l’écho.
Le combustible est ailleurs : une émotion plus ancienne, une blessure non cicatrisée, une peur ou un sentiment d’injustice qui trouvent enfin un chemin pour s’exprimer.
Avant de répondre sous l’effet de la colère, il serait précieux de se poser une question simple :
« Est-ce vraiment cette situation qui me met en colère, ou réveille-t-elle quelque chose de plus profond en moi ? »
Cette prise de recul change souvent la qualité du dialogue. Seulement, est-ce si facile de se la poser quand rien n’est alors sous contrôle ?
C’est là que peut jouer le Yoga, sans dire que la solution est miraculeuse, juste apprendre à pouvoir prendre du recul sur ce qui est vécu.
Le respect : une véritable éducation émotionnelle
Pour éviter que les émotions ne deviennent destructrices, l’éducation pourrait intégrer une véritable alphabétisation émotionnelle. Nous apprenons à lire, à écrire et à compter.
Pourquoi n’apprendrions-nous pas aussi à reconnaître la peur, la tristesse, la frustration ou la colère ?
Aucune émotion n’est mauvaise.
Elles sont toutes porteuses d’un message :
- La peur nous protège ;
- La tristesse nous aide à accepter une perte ;
- La colère nous indique qu’une limite a été franchie ou qu’un besoin n’est plus respecté.
Le véritable enjeu n’est donc pas de supprimer les émotions, mais d’apprendre à les reconnaître et à les comprendre. Pour rappel, pour ceux intéressés, un autre article les émotions un besoin vital.
Le respect commence par celui que nous nous accordons à nous-mêmes avant de s’étendre naturellement vers les autres. Même si, pour pouvoir poser ce respect, nous devons apprendre à nous mêler aux autres.
Développer l’empathie, apprendre à écouter sans juger et accueillir la parole d’une personne en souffrance permettent souvent d’éviter que cette souffrance ne se transforme en violence.
Ce que le yoga m’a appris sur la colère
En tant que professeur de yoga, ce sujet me touche profondément, car c’est une colère sous-jacente, longtemps incomprise, qui m’a conduit vers cette pratique. En effet, pendant des années, je pensais que cette colère faisait partie de mon caractère.
Je cherchais à la contrôler, à la faire taire ou à l’ignorer.
Avec le recul, je comprends que je ne voyais que la partie émergée de l’iceberg. Sous cette colère se cachaient des peurs, des blessures, un profond sentiment d’injustice et des émotions que je n’avais jamais appris à accueillir.
Le yoga n’a pas fait disparaître cette colère. Il m’a appris à écouter et à aller vers moi pour comprendre.
Grâce aux postures, au souffle et aux moments de silence, j’ai découvert qu’elle n’était pas mon ennemie. Tout à fait, elle était un messager qui m’indiquait qu’une partie de moi souffrait encore.
Toujours en comprenant que mettre de l’huile sur le feu quand la colère est là ne sert à rien. L’un peut avoir l’air de vider ses émotions en trop, seulement l’autre peut ne ressentir que la douleur de ce qu’il a reçu lorsque cette colère était retournée contre lui.
Pour cela que le fait de s’isoler pour laisser se pauser cette colère est un choix judicieux. Seulement, il faut que la colère des deux parties soient parties, sachant qu’après un temps, l’isolement peut simplement servir à espérer en attendant que les choses passent chez l’autre.
La colère comprendre les émotions cachées grâce au yoga : des outils
Ahimsa : la non-violence envers soi-même
Un des principes de respect du Yoga dont Yama et Niyama sont les deux premiers des 8 membres du Yoga. Ahimsa nous invite à ne pas exercer de violence, ni envers les autres, ni envers nous-mêmes. Pour tout vous dire, nous sommes souvent notre premier juge. Et, osons le dire, il est parfois bien plus dur envers nous qu’une personne extérieure.
Nous nous reprochons nos réactions, nous culpabilisons de ressentir de la colère ou de la tristesse. Pourtant, accueillir une émotion n’est pas y céder, c’est pouvoir se remettre en question réellement.
Pourtant, accueillir une émotion n’est pas y céder. C’est avoir le courage de s’interroger : pourquoi cette colère est-elle encore présente ? Qu’est-ce qu’elle vient toucher en moi ?
C’est reconnaître son existence afin de mieux la comprendre. Cela permet de développer la bienveillance envers soi-même, souvent le premier pas vers une véritable transformation.
Un article qui pourrait vous être utile, 10 choses à ne pas faire en étant en colère.
Pranayama : retrouver le pouvoir du souffle
L’aide du Pranayaga pour la colère qui s’accompagne presque toujours d’une respiration courte et rapide. En ralentissant volontairement le souffle, notamment en allongeant l’expiration, nous envoyons un message de sécurité à notre système nerveux :
- Le corps se détend.
- Alors le mental retrouve de la clarté.
- La réaction automatique laisse progressivement place au discernement.
Le souffle devient ainsi un véritable pont entre le corps, les émotions et l’esprit. Le souffle possède un pouvoir étonnant. Il peut ralentir l’agitation intérieure, réguler nos émotions et nous aider à retrouver davantage de stabilité. respiration peut réellement beaucoup : réguler, ralentir ou accélérer.
Svadhyaya : regarder sous l’iceberg
Les Yoga Sutras parlent de Svadhyaya, l’observation de soi.
Avant de réagir, le yoga propose une question simple :
« Qu’est-ce qui me fait réellement souffrir en cet instant ? »
Cette question paraît anodine.
Pourtant, elle change tout.
Elle nous invite à regarder sous la surface de l’iceberg plutôt que de combattre uniquement la partie visible.
C’est dans cet espace d’observation que la colère cesse progressivement d’être une réaction automatique pour devenir une opportunité de mieux se connaître.
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Transformer la colère en chemin de connaissance de soi
Aujourd’hui, je suis convaincu que nous ne pratiquons pas le yoga pour devenir des personnes qui ne ressentent plus de colère. Pour moi, nous le pratiquons pour ne plus avoir besoin qu’elle explose afin de comprendre ce qui se passe en nous.
Elle existe toujours mais en étant moins dévastatrice. Le but étant de savoir l’écouter avant un paroxysme ou tout volerait en éclat.
Si le yoga est entré dans ma vie, il faut être réaliste, c’est à cause d’une colère que je ne comprenais pas. Le Yoga et ses techniques m’ont permis d’apprendre à écouter ce qui se cachait derrière cette colère.
Avec le temps, j’ai découvert que cette colère n’était pas un défaut de caractère, mais le langage d’une souffrance qui attendait simplement d’être reconnue. P
Lorsque j’accueille une personne sur son tapis, je ne vois pas uniquement sa posture ou sa souplesse. En fait, j’y vois une histoire, parfois marquée par un deuil, une peur, une fatigue ou une colère encore incomprise. Parfois visible, souvent silencieuse et chacun arrive avec son propre iceberg.
Avec réalisme, mon rôle n’est pas de faire disparaître les émotions. Cela serait plutôt d’offrir un espace où elles peuvent être accueillies sans jugement.
En effet, je crois profondément que c’est dans cette qualité de présence que commence la transformation.
Je le répète : la colère n’est pas un ennemi à combattre.
Elle est parfois une alliée maladroite qui tente d’attirer notre attention sur une souffrance plus profonde.
Lorsque nous apprenons à l’écouter, à respirer avec elle plutôt qu’à la subir, elle cesse progressivement d’être une force destructrice pour devenir un chemin de connaissance de soi.
Le yoga n’apporte pas seulement des outils de gestion de la colère. Il permet surtout de comprendre les émotions qui se cachent derrière elle.
Et si cet article pouvait laisser une seule idée, ce serait celle-ci :
Nous ne guérissons pas en faisant taire nos émotions, mais en apprenant à écouter ce qu’elles cherchent à nous dire.